Reportage au CHU de Rennes : la vie sur un fil... d'images

Au printemps dernier, pendant 6 semaines, la photographe Sylvie Legoupi a partagé le quotidien de 4 unités de soins et une équipe mobile de soins palliatifs du CHU de Rennes. A l'occasion de la Journée mondiale des soins palliatifs, elle a sélectionné, pour MNH hop, une dizaine de photos de son reportage qu'elle nous commente.


Dans ce reportage réalisé auprès de 4 unités de soins et une équipe mobile de soins palliatifs, Sylvie Legoupi nous ouvre une fenêtre sur le quotidien des soignants, des morceaux d’histoires de patients et leurs familles avec un reportage profondément humain, où les sourires adoucissent une réalité difficile.


"Le sourire de cette femme atteinte d’un cancer à la fin de la séance avec une ergothérapeute et deux aides-soignantes. Quand le corps est aussi meurtri, les manipulations sont particulièrement compliquées." Unité fixe de soins palliatifs – Clinique Saint-Laurent.


"La remise en état du lit d’un patient qui ne peut pas bouger : un des gestes quotidiens d’une aide-soignante." Unité fixe de soins palliatifs – Clinique Saint-Laurent.


"Cet homme a eu envie de partager quelques photos de sa vie « d’avant » avec nous ; des moments d’un passé sportif et d’instants festifs qu’il conserve précieusement dans une enveloppe à portée de main." Service de pneumologie – CHU de Rennes.


"J’aime particulièrement cette photo de cet homme qui regarde vers l’extérieur, tourné vers la lumière." Service de pneumologie – CHU de Rennes.


"Lors d'une réunion de service, cette soignante en pleine réflexion. J'ai souvent capté ce genre de regards chez les équipes médicales." Unité fixe de soins palliatifs - Clinique Saint-Laurent.


"L’équipe mobile vient régulièrement soutenir une équipe médicale confrontée à des cas de fin de vie difficile. L’échange entre ces soignants est très important." Unité mobile de soins palliatifs – CHU de Rennes.


"Ce monsieur était un ancien magnétiseur. Cette photo montre bien, je trouve, la relation qui se noue entre soignant et soigné." Unité de Médecine Interne Polyvalente (UMIP) – CHU de Rennes.


"Quand le corps se recroqueville. Un patient enfermé dans sa démence que le corps médical essaie d’adoucir. J’ai voulu saisir ce petit instant de répit, en prenant le malade de dos." Unité de Médecine Interne Polyvalente (UMIP) – CHU de Rennes.


Hervé Léna, pneumologue : « J’avais noué avec ce patient que je suivais depuis des années, pour des pathologies pulmonaires, une relation particulière. C’était le seul à me tutoyer. Nous évoquions, à cet instant précis, des anecdotes du passé. Nous avions ensuite abordé les possibilités de retour à domicile. Il est rentré chez lui, puis revenu. Il est parti entouré de toute sa famille. » Service de pneumologie – CHU de Rennes.


"L’équipe mobile réalise un soin de bouche sur une patiente en fin de vie. Ce geste, qui peut paraître anodin, fait partie des traitements primordiaux pour le confort du malade et sa dignité." Unité mobile de soins palliatifs – CHU de Rennes.

PORTRAIT
Photographe indépendante, basée à Nantes, Sylvie Legoupi a réalisé son 1er reportage en milieu hospitalier en 1998. Pour L’amour n’est jamais prématuré, elle posait son regard en noir et blanc sur le service de néonatologie du CHU de Rennes. Un an plus tard, elle réalisait un reportage sur la fin de vie La vie et rien d’autre au centre hospitalier de Saint-Malo.
En 2012, Sylvie s’immergeait au sein du service hématologie du CHU de Nantes et livrait une fois encore un témoignage fort du quotidien des malades et des soignants de cette unité de soins.
Qu’elle photographie des personnes en fin de vie ou des hommes et femmes qui travaillent dans de grandes entreprises comme EDF, Vinci ou Bouygues, la photographe s’attache à capturer la dimension humaine, sans filtres mais avec une grande sensibilité.
Découvrir le travail de Sylvie

«Sylvie a réussi à capter les regards, les gestes, les sourires, les moments de tristesse, l’humanité… tout ce qui fait le quotidien d’une unité de soins palliatifs.
C’est important pour nous, soignants, de pouvoir avoir un œil extérieur sur notre manière de travailler. Ce reportage est, il me semble, juste. Il montre bien à la fois l’engagement et l’énergie que déploient ces professionnels.»
Hervé Léna, pneumologue au CHU de Rennes

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