Parkinson : pour une progression au point-mort

Main dans la main, chercheurs et cliniciens sont sur la bonne voie pour enrayer le développement de la maladie de Parkinson. Ce 11 avril, journée mondiale de la maladie de Parkinson, le Dr Erwan Bézard qui dirige l'institut des maladies neurodégénératives au sein de Bordeaux Neurocampus fait le point sur les avancées et surtout les bons réflexes pour repérer la maladie le plus tôt possible, bien au-delà des tremblements.

En occupant la seconde place sur le sombre podium des maladies neurodégénératives, la maladie de Parkinson dont souffrent 160 000 personnes en France est la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer. Même si la recherche est un processus lent, le Dr Erwan Bézard qui dirige l’institut des maladies neurodégénératives au sein de Bordeaux Neurocampus, revient sur des progrès aussi récents qu’étonnants. « Nous avons fait des progrès énormes dans la compréhension de la progression de la maladie. Pourquoi et comment elle gagne du terrain ? Cela nous permet de découvrir des cibles nouvelles pour agir au meilleur endroit et au meilleur moment pour ralentir voire même stopper sa progression. » Un grand pas en avant qui s’appuie sur 10 ans de recherche public-privé, sur l’identification de cibles thérapeutiques, mais surtout la mise au point des outils qui permettent de trier les solutions, pour sélectionner celle qui aura enfin une efficacité. « Nous avons atteint ce niveau de connaissance qui permet d’espérer des approches thérapeutiques solides. »

Développer l’écoute, mieux repérer les symptômes non moteurs

Il existe un large éventail d’approches thérapeutiques pour améliorer les symptômes divers et variés, qu’il faut apprendre à repérer. Les patients sont plutôt bien pris en charge en ce qui concerne les symptômes moteurs classiques que sont la lenteur, l’incapacité à initier un mouvement, la rigidité ou encore la présence de tremblements. Aujourd’hui on parvient à déceler beaucoup plus de symptômes. « Les patients parkinsoniens souffrent finalement d’une pléiade de symptômes : entre 15 et 20 symptômes moteurs ou non moteurs, sur lesquels les stratégies thérapeutiques actuelles ont finalement peu d’impact, » déplore le Dr Erwan Bézard. Ce spécialiste recommande d’écouter et d’observer. Une constipation, un excès de sécrétion de salive, de transpiration, des troubles du sommeil ou encore de petits troubles cognitifs, doivent aussi alerter s’ils se recoupent. C’est pourquoi le Dr Erwan Bézard recommande de privilégier l’écoute des patients pour une prise en charge précoce, qui, à terme permettra de stopper ou de ralentir la mort des neurones à un stade précoce. Pas de temps à perdre. Il s’agit d’identifier des cibles pour stopper la progression de la maladie. « Il s’agit de faciliter les mouvements et d’améliorer la qualité de vie des patients. En palliant aux difficultés, on peut leur permettre de conserver cette vie sociale tellement importante, » poursuit cet expert bordelais.


@NicolasRougier-IMN - Mieux comprendre la progression de la maladie pour la stopper !

Et pourquoi ne pas multiplier les antioxydants naturels : Thé vert, café ?

Si les anti-inflammatoires non stéroïdiens, le café ou le thé vert diminuent le risque de développer la maladie de Parkinson, aucune de ces molécules n’a d’effet sur sa progression, une fois celle-ci déclarée souligne le Dr Erwan Bézard.

« Faire du sport, bien manger, des fruits et légumes, des antioxydants naturels, sans abuser des protéines, font aussi partie des bons réflexes, même s’il ne faut pas céder à la pensée magique».

Laurence Mauduit

 

 

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