L'humain dans la santé : notre sondage

"L'humain dans la santé" est la 10ème vague du baromètre santé 360, réalisé par Odoxa pour MNH GROUP, Orange Healthcare, la FHF, la Chaire Santé de Sciences Po, le Figaro Santé et France Inter. Plusieurs populations concernées par le sujet ont été interrogées : l'ensemble des Français, les personnes ayant fréquenté un établissement de santé ces 3 dernières années, les médecins. 

1) La place du patient dans la santé

Beaucoup de points positifs

3 Français sur 4 ont fréquenté un établissement de santé au cours de ces 3 dernières années et plus d'1 sur 2 (57%) en tant que patient. L'hôpital est donc au coeur de notre système de santé... Or plus de 9 patients sur 10 se disent satisfaits de leur dernière visite dans un établissement de santé, que ce soit sur la qualité des soins ou leur "expérience-patient" que sur la relation avec les personnels. Les Français et les médecins savent bien que les patients sont satisfaits mais ils sous-estiment encore sensiblement (de 7 à 11 points en moyenne) le niveau exceptionnel de cette satisfaction. L'identification des personnels est elle aussi pleinement satisfaisante : 84% des patients et des proches distinguent bien le rôle et la fonction de leurs interlocuteurs lors des échanges avec les personnels hospitaliers. On enregistre un très haut niveau de satisfaction des patients quant à leur relation avec les divers interlocuteurs hospitaliers, surtout s'ils sont soignants. 

Surtout, l'hôpital est "humain" : plus de 8 patients sur 10 estiment qu'ils ont été bien traités, écoutés, compris et , dans une moindre mesure, 7 sur 10 jugent qu'on leur a accordé du temps. 

Or l'humain est justement le facteur clé de recommandation d'un établissement de santé : il arrive numéro 1 avec 93% des patients affirmant qu'ils en tiendraient compte pour recommander un établissement de santé.  

Dialogue, communication et transmission des informations : les points de vigilance

Si les patients sont satisfaits des informations données lors de l'hospitalisation, les jugeant complètes et bien comprises par eux ; les médecins en revanche doutent beaucoup plus, le trois-quarts d'entre eux estimant qu'elles ne sont ni bien comprises (77%) ni bien retenues et assimilées (80%) par les patients après coup. Ainsi, si le compte-rendu d'hospitalisation existe, le plus souvent, les médecins reconnaissent qu'il n'est pas remis au patient au moment de sa sortie, et ne l'est même jamais dans bien des cas, même longtemps après...L'information donnée au patient sur les médicaments qui lui sont  ou lui ont été administrés est par ailleurs très perfectible : 30% des patients seulement se disent "très bien informés" et surtout seulement 31% des médecins pensent qu'ils sont correctement informés.

Trop de transparence en revanche en ce qui concerne les discussions sur l'état de santé du patient devant ses proches : c'est une pratique fréquente qui survient presque une fois sur deux (46% selon les proches), et même une fois sur quatre (22%) sans aucun accord préalable du patient. Enfin la consultation, à l'hôpital ou en cabinet constitue un autre point d'amélioration : d'abord, parce que les médecins surestiment visiblement la diversité des sujets abordés lors des consultations et ensuite, parce que nombre de patients et une majorité de médecins critiquent le temps laissé au dialogue et à l'écoute. 

2) La place du médecin 

La relation patients-médecins : entre satisfaction et problèmes rencontrés

Plus de 9 Français sur 10 se déclarent satisfaits de leur médecin. Ce médecin, qu'il soit le médecin traitant, ou le dernier médecin consulté, est 9 fois sur 10 un généraliste consulté en ville et est 2 fois sur 3 un homme, âgé de plus de 45 ans. Chose remarquable, ce haut niveau de satisfaction est parfaitement stable quel que soit le profil du médecin : homme ou femme, "jeune" ou moins jeune, en ville ou à l'hôpital, généraliste ou spécialiste.

Pas du tout sexistes, être soigné par médecin-homme ou un médecin-femme indiffère totalement les Français.

71% des Français refusent de choisir et ceux qui disent avoir une petite préférence penchent un peu plus pour les femmes (16% vs 13%). Et encore, ce choix tient uniquement à "l'intime", les femmes et, dans une moindre mesure, les hommes préférant aborder certaines questions de santé intime avec un soignant du même sexe. 

Cette absence de sexisme chez l'immense majorité des Français ne signifie pas que nul problème de laïcité n'existe, bien au contraire : près d'un médecin sur deux (45%) dit en effet avoir déjà vu un patient refuser un soignant en raison de son genre pour des motifs religieux. 

Satisfaction au travail, surcharges et RPS chez les médecins

8 Français sur 10 (79%) sont satisfaits de leur travail. Ils sont aussi très largement satisfaits de leurs conditions de travail ainsi que de la plupart des dimensions de leur vie au travail mais sont plus critiques sur le dialogue social et les risques psychosociaux (RPS) dans leurs entreprises. On retrouve auprès des médecins interrogés ce haut niveau de satisfaction globale de son travail.

Comme les Français, les médecins sont eux aussi 8 sur 10 (78%) à se dire satisfaits de leur travail.

On constate aussi auprès des médecins de très hauts niveaux de satisfaction détaillée : entre 68% et 95% des médecins se disent satisfaits de leurs relations avec leurs collègues, leurs patients ou leurs supérieurs éventuels. 

Les médecins sont même plus satisfaits que les actifs Français du contenu de leur travail : leur niveau de satisfaction est exceptionnel sur l'intérêt (94%) et l'utilité (96%) de leur travail ainsi que sur l'emploi de leurs compétences et leur capacité à les développer. Inversement, ils sont encore plus critiques que les Français sur la reconnaissance de leur travail (60% de mécontentement) et leurs perspectives d'évolution (61%)

Enfin concernant leurs conditions de travail, les médecins se montrent le plus souvent très positifs, s'agissant de leur temps de trajet, de leur cadre de travail ou des moyens matériels mis à leur disposition... en revanche, ils se singularisent par un flagrant manque de temps pour accomplir leur travail (72%) et un manque de pauses dans leur travail (60%) et donc, par un niveau de stress professionnel encore supérieur à celui des Français. 

3) L'avenir de l'humain dans la santé

Le développement des nouvelles technologies : 1er levier

Les outils digitaux dans la santé font l'unanimité : ils recueillent de 70% à 90% d'adhésion sur les différents items testés, étant notamment perçus comme facilitant l'accès au dossier du patient, permettant de lui délivrer de meilleurs conseils personnalisés et de lui apporter des informations plus claires sur son hospitalisation. La quasi-totalité des outils connectés de santé que nous avons testés dans l'étude sont aussi perçus par les Français comme par les patients comme permettant "d'apporter plus d'humanité" dans la relation. 

Plus d'humanité dans la relation : les robots, la seule exception. 

Il n'existe en fait qu'une exception : les robots. Ils font encore peur, 8 français sur 10 ne pensant pas qu'ils permetttront d'apporter plus d'humanité dans la relation entre les soignants et les patients. En conséquence 6 Français sur 10 ne seraint pas prêts à interagir avec eux. Mais à part les robots, tous les autres outils connectés de santé que nous avons testés dans l'étude - du dossier patient informatisé (75%) aux outils de prise de rendez-vous en ligne (69%) - sont largement plébiscités pour "humaniser les soins" : ils recueillent en moyenne 62% de jugements positifs. 

Assez logiquement dès lors, les Français (58%) tout comme les patients et leurs proches (56%) sont une nette majorité à penser que les nouvelles technologies favoriseront la relation entre le médecin hospitalier et son patient... mais il reste à en convaincre les médecins : eux, sont à l'inverse une majorité (55%) à estimer au contraire qu'ils détérioreront à l'avenir les relations en limitant encore les contacts humains. 

La démocratie sanitaire et le développement des relations avec les associations de patients : le 2ème levier

Bien que méconnu, le concept de démocratie sanitaire séduit ! La démocratie sanitaire est méconnue par les Français : un quart des Français (27%) connaissent ce concept dont seulement 5% "précisément". Mais une fois qu'on leur explique sommairement et objectivement de quoi il retourne, 8 Français sur 10 pensent que la démocratie sanitaire est une démarche qui peut améliorer la qualité de notre système de santé. 

Réciproquement, les associations de patient gagneraient à se faire davantage connaître du grand public. Seulement 1 Français sur 10 (et 13% des patients) a déjà été en contact avec une association de patients... mais 6 sur 10 auraient le réflexe de se tourner vers une association de patients en cas de maladie chronique ou problème de santé grave. En effet, les association de patients jouissent d'une bonne image auprès de 8 personnes sur 10 en France, tant auprès des Français que des patients et de leurs proches. 

 

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