Le carnet de santé des Français : septembre 2016

Hillary Clinton perd connaissance puis regagne avec le plus grand mal sa voiture, épaulée par ses agents de sécurité. Cette image, largement relayée à travers le monde, fait partie des exceptions : celle des clichés qui ont un impact réel et immédiat sur l’Opinion.

Si l’on se réfère aux derniers sondages en date, l’avance de la candidate démocrate sur le Républicain Donald Trump a fondu et, dans deux des Etat-clefs où se jouera l’élection, Donald Trump est désormais en tête dans l’Ohio et dans la marge d’erreur en Floride. Notre carnet de santé, outre son volet barométrique, s’intéresse donc ce mois-ci à cette question de l’état de santé des postulants à la présidentielle : un sujet qui clive profondément les Français.
Un candidat à la présidentielle doit-il être transparent sur sa santé ?
La question de la santé des hommes politiques divise clairement les Français : si la moitié juge qu'ils nous doivent la transparence, l'autre moitié considère au contraire que cela ne regarde qu'eux. Ainsi, à propos de la polémique sur Hillary Clinton, 50% des Français estiment qu' "il est normal d'attendre une totale transparence des candidats sur leur santé car le choix d'un futur Président est une affaire trop grave pour que l'on risque d'élire une personne malade", tandis que 49% pensent au contraire que "la santé de chacun relève de la vie privée, on n'a pas à exiger d'un candidat qu'il livre tous les détails concernant sa santé". De même, 52% des Français estiment que les Présidents de la République qui ont caché par le passé leur maladie ont eu tort de le faire, tandis que 47% trouvent qu'ils ont raison.

Mais ce 50-50 cache une grande hétérogénéité des perceptions selon le sexe et l'âge. Les femmes et les plus jeunes défendent la notion de vie privée tandis que les hommes mettent en avant la nécessaire transparence. Cela est vrai sur les deux questions (celle à propos de la polémique Clinton et celle des mensonges par omission de nos anciens présidents). Sur l'âge, la variation des résultats est spectaculaire : 66% des 18-25 ans pensent que la santé des candidats relève de la vie privée, quand 70% des 65 ans et + considèrent qu'ils nous doivent la transparence. De même, les jeunes sont 70% à trouver que les Présidents qui nous ont caché la vérité sur leur état de santé ont eu raison quand 71% des 65 ans et + jugent au contraire qu'ils ont eu tort.

Mais la révélation d'une maladie grave limiterait clairement l'envie de voter pour le candidat concerné

Mais si les avis divergent sur la préservation de la vie privée des candidats, les Français sont très majoritairement d'accord pour dire que leur envie de voter pour un candidat serait impactée par l'annonce d'une grave maladie dont il serait atteint. 61% déclarent que cela limiterait leur envie de voter pour lui (dont 22% certainement), quand 39% disent que cela ne la limiterait pas. Nos anciens présidents ont bien pressenti ce résultat. Après les faux bulletins de santé de Georges Pompidou qui faisaient passer sa maladie de Waldenström pour une simple grippe, la classe politique avait convenu que les futurs présidents de la République devraient rendre compte de leur état de santé, mais cela n'a pas empêché François Mitterrand de cacher sa maladie après son accession au pouvoir et même de se représenter en 1988.

Volet barométrique du Carnet de santé

Le taux d'affections (18%) remonte légèrement en cette fin d'été

18% des Français ont été affectés par un problème de santé (hors maladie chronqiues et affections de longue durée) ce mois-ci, soit 2 points de plus par rapport à notre mesure du mois d'août. Le niveau reste toutefois inférieur à celui du mois de juillet qui affichait un taux digne d'un mois d'hiver. Ce mois-ci, on retrouve donc un niveau automnal, proche de celui enregistré l'année dernière (il se situait alors entre 18% et 21% entre septembre et décembre).

Les maux de tête et migraines (31%), les rhumatismes et blessures (osseuses, ligamentaires, musculiares) ainsi que les troubles gastriques/digestifs constituent ce mois-ci le top 3 des problèmes de santé des Français qui, comme on l'enregistre habituellement ont pour première réaction d'aller voir leur médecin traitant ou généraliste (37%).

68% des Français ont eu des frais de santé, dont 52% ont dépensé moins de 100€ et 16% ont dépensé plus.

La dépense moyenne de santé passe de 81€ le mois dernier à 75 € ce mois-ci, c'est une constante habituelle sur notre baromètre : ce n'est pas parce qu'il y a plus de "malades" que les dépenses (moyennes) de santé augmentent... celles-ci étant largement indexées sur les malades chroniques et les personnes atteintes des pathologies les plus lourdes et donc les plus coûteuses pour la société.

 

Céline Bracq, Directrice générale d'Odoxa
@celinebracq 

 

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