Le carnet de santé des français de mai 2016

Ils le consomment et ne pensent pas que cette substance soit spécialement pire que l’alcool, et pourtant les Français sont résolument CONTRE la légalisation ou la dépénalisation du cannabis.

 

Le Cannabis est une drogue consommée par près de trois Français sur dix (28%).

 

Près de trois Français sur dix (28%) avouent avoir déjà consommé du cannabis au moins une fois dans sa vie. Parmi eux, un Français sur dix (9%) en consomme même de manière répétée, que ce soit « régulièrement » (2%) ou au moins « de temps en temps » (7%).

Les résultats de notre sondage d’opinion sont tout à fait en ligne avec les derniers chiffres officiels publiés par l'OEDT (Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies) en 2015, qui faisaient de la France le premier pays d’Europe en termes de consommation de cannabis. Avec une question différente, et une population plus jeunes (les 15-64 ans alors que nous sondons l’ensemble des Français de plus de 18 ans, dont une large part de (plus de 65 ans), l’OEDT arrivait à un taux de consommation de 41% de la population Française reconnaissant avoir déjà goûté au cannabis.

Plus fort encore, dans notre sondage, près d’un jeune sur deux (41% des 18-24 ans et 46% des 25-34 ans) reconnaît avoir déjà consommé du cannabis.

Là encore, c’est une confirmation plus qu’une révélation : dans son enquête européenne, l’OEDT indiquait déjà en 2015 que les jeunes adultes français (15-34 ans) étaient les plus gros fumeurs de cannabis : 22% d'entre eux en avaient consommé au cours des douze derniers mois alors que la moyenne européenne pour la même tranche d'âge se situait à l’époque à 12%.

 

« Champions » de la consommation du cannabis, les Français considèrent aussi que sa consommation est moins grave que celles d’autres substances …

 

Les Français ne pensent pas (du tout) que le cannabis soit une substance plus dangereuse pour la santé que le tabac ou surtout l’alcool.

Largement consommé par bon nombre de Français, et surtout de jeunes, le cannabis n’est pas jugé plus dangereux pour la santé que les deux autres substances nocives pour la santé, mais légales, que sont l’alcool et le tabac.

Seuls 36% des Français font du cannabis la plus dangereuse des trois… près des deux-tiers d’entre eux (63%) optant pour l’une des deux autres substances, pourtant légales : 38% citent l’alcool – seule des trois à être consommée par presque tous – en faisant ainsi LA substance la plus dangereuse et 25% le tabac.

Parmi les Français ayant déjà consommé du cannabis la dangerosité comparée de ce produit apparaît encore plus faible : ils sont plus de deux fois plus nombreux à citer l’alcool plutôt que le cannabis (46% contre 19%) !

9 Français sur 10 (88%) ne croient pas à l’efficacité des politiques actuelles de lutte contre la consommation de cannabis …

Consommé par près de 3 Français sur 10 et 1 jeune sur 2, perçu comme moins nocif pour la santé que l’alcool, le cannabis est une drogue contre laquelle on lutterait mal selon les Français.

En effet, près de 9 Français sur 10 (88%) estiment que « les politiques actuelles de lutte contre la consommation de cannabis » ne sont pas efficaces (39% disent même qu’elles ne sont « pas efficaces du tout »).

Le consensus à ce sujet est total, quel que soit l’âge, la profession ou l’orientation politique des personnes interrogées.

Avec de tels résultats on pourrait penser que les Français sont largement favorables à la légalisation ou au moins à la dépénalisation du cannabis en France. Et pourtant, il n’en est rien …

 

 … et pourtant, les Français sont toujours majoritairement opposés à la légalisation (59%) et même à la dépénalisation (56%) du cannabis.

 

Les Français ont beau relativiser la dangerosité du cannabis par rapport à d’autres « drogues » légales comme l’alcool ou le tabac, ils ne sont pas pour autant favorables à ce que le cannabis soit légalisé :  59% sont opposés à la légalisation du cannabis.

Plus fort encore, ils ne sont même pas favorables à la « dépénalisation de la consommation de cannabis » qui consisterait simplement à rendre sa consommation toujours illégale mais à permettre aux simples consommateurs de ne plus être passibles de poursuites : 56% des Français sont opposés à une telle dépénalisation du cannabis.

Assez logiquement, les consommateurs de cannabis sont majoritairement favorables à sa légalisation (64%) et plus encore à sa dépénalisation (69%) … mais il est surtout remarquable de relever que même parmi eux, pourtant directement concernés, près d’une personne sur trois est hostile à la légalisation ou même à la dépénalisation.

Pragmatiques ou adeptes de la realpolitik, les Français semblent estimer que même si cette drogue est largement consommée et pas pire pour la santé que d’autres substances, sa légalisation ou même sa dépénalisation générerait un effet d’entrainement nuisible à la société dans son ensemble.

 

Volet « barométrique » du Carnet de Santé des Français

 

Ça va mieux … on note un net reflux des états grippaux en avril après la poussée de fièvre enregistrée en mars.

 

Depuis septembre dernier, la part de Français ayant été affectés par un problème de santé reste remarquablement bas : il s’établit à 19% pour le mois d’avril dernier et à moins de 20% sur les trois derniers mois alors qu’il était de plus de 24% l’année dernière à pareille époque.

Ce taux moyen de Français atteints par une affection en avril (19%) baisse sensiblement (-3 points) par rapport au mois précédent (mars) où une poussée d’états grippaux avait été enregistrée.

Les états grippaux ont baissé de 5 points par rapport au mois dernier (20% contre 25%) : en mars, les états grippaux représentaient la 2ème affection la plus souvent évoquée, concernant 25% de Français ayant été touchés par un problème de santé.

C’est ce fléchissement des cas grippaux qui explique le reflux global des problèmes de santé observés en avril.

 

Indépendamment de cela, on note aussi une baisse record des dépenses de santé des Français « tombées » à 75€ sur avril 2016.

 

Corrélativement à cette baisse des affections en avril et en particulier des états grippaux, on note le mois dernier une baisse du niveau moyen des dépenses de santé des Français.

Avec 75€ de dépenses moyennes, le taux de dépenses de santé des Français en avril a atteint son plus bas niveau depuis plus d’un an qu’Odoxa enregistre ces mesures.

Apparemment logique – « moins de malades = moins de dépenses » – cette corrélation est en réalité une seconde bonne nouvelle d’avril totalement indépendante de la première (baisse du nombre de malades) : en effet les vagues d’enquêtes précédentes nous ont montré combien il n’existait en réalité aucun rapport de causalité entre le nombre de personnes malades en France et le niveau moyen de dépenses de santé des Français.

Celui-ci dépend en fait quasiment uniquement des dépenses des plus gros « consommateurs de santé » : là où l’immense majorité des malades dépenseront en moyenne 60 à 70 € pour leurs soins, les 1% à 5% de malades atteints des pathologies les plus sévères pourront dépenser ou avoir coûté plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros pour leurs soins.

Ce sont eux, et uniquement eux qui font varier le niveau moyen des dépenses que nous enregistrons chaque mois. Selon qu’ils représentent 2% ou 5% de la population des malades, et selon que ces 2% ou 5% auront dépensé 500 ou 5000 €, la moyenne des dépenses de santé des Français pourra passer de 70€ à 90€ !

Bref, comme le dit François Hollande sur l’économie – sans être cru ni entendu par les Français – « ça va mieux » en matière de santé pour nos concitoyens, tant s’agissant du nombre de personnes ayant été malades que du montant moyen des dépenses de santé effectuées par nos concitoyens.

Pas sûr que cela dure le mois prochain avec la rechute des températures enregistrées depuis la fin avril, le mois de mai présente de sérieux risques de rechute avec une remontée probable des rhumes et des états grippaux.

 

Rendez-vous début juin pour le vérifier.

 

Gaël Sliman,

Président d’Odoxa

@gaelsliman

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