Le carnet de santé des français : avril 2016

Les Français considèrent la sédentarité des enfants comme un problème très sérieux et font du numérique et des tablettes le principal responsable de celui-ci.

 

Plus de 6 Français sur 10 (61%) observent chez les enfants de leur entourage une moindre pratique d’activités physiques qu’autrefois

Confirmant les résultats – objectifs – de l’étude (Australienne) relayée la semaine dernière par la Fédération Française de Cardiologie et qui fit grand bruit, montrant la chute de la performance physique des enfants en l’espace de quelques décennies, les Français sont – subjectivement – eux aussi bien persuadés que les enfants de leur entourage pratiquent bien moins d’activités physiques que ceux des générations précédentes.

61% des Français pensent que les enfants de leur entourage pratiquent « de moins en moins d’activités physiques par rapport aux enfants des générations précédentes, il y a 20 ou 30 ans ». 25% estiment qu’ils en pratiquent « ni plus ni moins » et seulement 13% qu’ils pratiquent de plus en plus d’activité physique.

Si la perception ne rejoint pas toujours la réalité, tel n’est pas le cas cette fois à ce sujet, notre étude « subjective » venant pleinement confirmer les différentes mesures objectives en santé publique et tout particulièrement, celle publiée la semaine dernière.

Notre sondage montre aussi que l’inégalité face à la santé dans ce domaine est particulièrement ressentie. Cette information prouvée par toutes les enquêtes portant sur les comportements de santé se retrouve parfaitement dans nos mesures subjectives.

Certes, toutes les catégories de la population sont une majorité à observer une moindre pratique d’activités physique chez les enfants de leur entourage. Néanmoins l’écart est tout de même de près d’une vingtaine de points (18 pts) entre les cadres (57%) et les ouvriers (75%).

Or, les Français jugent ce problème très grave : 90% estiment que « cela constitue un problème important pour la santé des enfants » et 69% disent ressentir de l’inquiétude à ce sujet

Ce problème de la sédentarité pointé de longue date par les organismes de santé publique, dont l’INPES avec ses campagnes de recommandations sur les 30 minutes de marche par jour, n’est pas du tout pris à la légère par nos concitoyens. Bien au contraire, on peut même dire que tout le monde (90%) en France est bien persuadé que « la sédentarité et l’absence d’activité physique constituent un problème important pour la santé des enfants ».

Conséquence logique de ces deux résultats – c’est grave et ce problème s’accentue – les Français ne sont pas du tout indifférents au problème lorsqu’ils y sont confrontés.

Au contraire, plus des deux-tiers des Français (69%) déclarent ressentir de « l’inquiétude » devant cette inactivité des enfants qu’ils fréquentent (que ce soient les leurs ou ceux de leurs proches).

Mais ce n’est pas tout, face à cela, les Français ressentent aussi de l’énervement (53% contre 45%) et souvent, en viennent même à parler directement aux enfants concernés ou aux parents de ceux-ci (52% disent le faire).

Pour 62% des Français c’est le développement des tablettes et des jeux vidéos qui est le principal responsable de cette baisse de l’activité physique des enfants

Pour ce problème les Français pointent un coupable clair : pour 62% d’entre eux, « si les enfants pratiquent de moins en moins d’activités physiques, c’est avant tout à cause du développement des tablettes et des jeux vidéos ».

Seulement une personne sur quatre (24%) fait porter la responsabilité aux parents « qui ne pousseraient plus assez les enfants à sortir » et encore moins à l’environnement – seulement 8% incriminent « le manque de lieux sur lesquels les enfants peuvent se dépenser » - ou, pour une fois, aux hommes politiques qui nous gouvernent : seulement 6% des Français estiment que la responsabilité de ce problème incombe « au manque de promotion du sport par l’Etat et l’école ».

Volet barométrique du Carnet de Santé des Français : poussée de fièvre en mars

A cause de la grippe, la part de Français affectés par un problème de santé remonte nettement en un mois (+4 points)

Depuis septembre dernier, la part de Français ayant été affectés par un problème de santé reste remarquablement bas, et ce, malgré les mois d’hiver que nous venons de traverser.

Au cours du mois dernier (mars), ce taux est toutefois nettement remonté par rapport au mois précédent (+4 points) mais il reste nettement inférieur à celui que nous enregistrions l’année dernière à pareille époque (22% en avril 2016 contre 29% en avril 2015).

Jusqu’à présent l’hiver 2016 nous avait globalement épargné les grosses épidémies des maladies d’hiver qui avaient durement frappées nos concitoyens en 2015 (grippe, gastro-entérite, rhinopharyngite …). Cela commence à ne plus être le cas particulièrement en ce qui concerne la grippe :

Le mois dernier, les états grippaux au sens le plus large ne représentaient que le 5ème problème de santé évoqué et ne concernaient « que » 19% des 18% de Français ayant été affectés par un problème de santé, soit moins de 3,5% de la population adulte française.

Désormais, les états grippaux représentent la 2ème affection la plus souvent évoquée, concernant 25% des 22% de Français ayant été concernés par un problème de santé, soit 5,5% de la population adulte française et une augmentation de plus de 50% des cas en l’espace d’un mois …

C’est une progression phénoménale qui explique à elle seule très largement la progression de la part des personnes atteintes par un problème de santé au cours du mois écoulé.

Pour autant, nous n’en sommes pas encore aux taux records observés il y a un an, en février 2015 (Carnet de santé de mars 2015) où les états grippaux touchaient 27% des 27% de Français affectés par un problème de santé, soit 7% de la population !

Une fois de plus, cette évolution du nombre de « malades » ne change rien au niveau moyen de dépenses de santé des Français

Au cours des trois derniers baromètres, nous pouvions espérer que la nette baisse du nombre de « malades » par rapport à l’hiver 2015 se traduise par une baisse au moins conséquente du montant moyen des dépenses de santé des Français (qu’elles soient ou non remboursées).

Il n’en fut absolument rien.

Réciproquement, la hausse sensible du nombre de malades enregistrée sur notre Carnet de Santé d’avril 2016 ne fait pas monter la part moyenne des dépenses de santé des Français.

Au contraire, celle-ci baisse ce mois-ci, passant de 80 € le mois dernier à 78 € ce mois-ci.

Comme nous l’avons déjà relevé à plusieurs reprises sur ce baromètre, la moyenne observée est en réalité totalement corrélée aux dépenses mensuelles des quelques Français ayant les plus grosses dépenses de santé.

     Gaël Sliman,  
Président d’Odoxa

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

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