Anne Linger, élève infirmière en 2e année témoigne

Anne Linger, 22 ans, originaire de Noisy-Le-Grand, est étudiante en 2e année en soins infirmiers à la Pitié Salpêtrière. Elle nous raconte son parcours, ses joies, ses questionnements d'étudiante à l'IFSI. Rencontre.

Comment avez-vous choisi cette formation d’infirmière ?

Très tôt j’ai eu envie de m’orienter vers le médical. Après une terminale scientifique, j’ai pensé à des études d’infirmière. Mais les concours me faisaient peur. J’ai hésité et finalement je n’ai pas osé me lancer. J’ai choisi un autre cursus. J’ai suivi une année en Sciences du vivant. Il s’agissait essentiellement de recherche en biologie et cela ne m’intéressait pas.

J’avais toujours en tête le concours d’école d’infirmière, mais il m’impressionnait trop.

Pourquoi cela vous impressionnait ?

Il s’agit d’une grosse épreuve lorsque l’on a 18 ans. On est 6 000 à passer le concours pour 3 000 places à l’arrivée. Cette sélection me bloquait. Et je ne suis pas forcément à l’aise à l’écrit.

Vous ne l’avez donc pas présenté l’année suivante ?

Non. J’ai décidé de travailler pendant 6 mois en tant qu’agent de gare à la SNCF et de faire du baby sitting pour acquérir de la maturité. Ce n’est qu’ensuite que j’ai décidé de me lancer. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre parce que c’est ce que j’avais vraiment envie de faire. J’ai passé le concours 2 fois en 2015 (à la session de mars, puis à celle de septembre) et j’ai eu le concours d’entrée à l’APHP Pitié Salpêtrière !

Comment avez-vous préparé le concours ?

Suite à ma première tentative, je me suis inscrite en prépa Supexam en août 2015. Un mois après, j’ai été acceptée à l’APHP.

En quoi cette prépa vous a aidé ?

Elle m’a apporté de la rigueur et de la constance dans la préparation du concours. Je n’étais plus scolarisée depuis 1 an et j’avais besoin de ce cadre de travail. Elle m’a aussi permis de comprendre ce que les examinateurs attendaient de nous à l’oral, où j’avais échoué lors de ma première tentative.

Comment s’est passée votre rentrée à l’IFSI ?

J’ai fait ma rentrée en février 2016 dans une promo de 290 étudiants. C’était un grand stress pour moi. Je me sentais perdue dans cette promo avec autant de monde. Je m’interrogeais sur comment cela allait se passer, est-ce que j’allais pouvoir me faire des amis ?

Avez-vous trouvé à l’IFSI ce que vous attendiez ?

J’ai apprécié que l’on débute avec des cours à la fac et à l’IFSI. J’appréhendais d’être "lâchée" dans un hôpital trop rapidement. Dans ma promotion les formateurs nous ont bien expliqué les choses, bien encadrés. Je me suis sentie accompagnée.

Comment s’est déroulé votre premier stage ?

J’ai fait mon premier stage en mai 2016 dans un service de médecine du travail à la Banque de France, ce qui n’est pas forcément très représentatif du métier. Et malheureusement, le médecin associé à l’infirmière que je suivais n’a été présent que 2 jours sur 5 semaines de stage. Sans le médecin l’infirmière a un rôle moindre puisqu’elle gère les rendez-vous, s’occupe des archives, des évènements de santé sur l’entreprise... Je n’ai pas vu beaucoup de patient. Je me suis vue confier essentiellement des tâches administratives. Mais cela n’a pas entamé ma motivation. Je me suis dit que je ne pouvais que faire mieux ensuite !

Comment avez-vous vécu cette première année ?

J’ai aimé le rythme qui alterne les cours puis les périodes de stage pendant 5 semaines. La première année les cours sont essentiellement théoriques mais nous donnent des premières clés pour aborder la prise en charge des patients avec des raisonnements cliniques.

Je n’ai pas validé tous mes partiels au premier semestre. Il me manquait 3 matières de fac : biologie fondamentale, cycle de la vie et grandes fonctions et processus traumatiques. Je les ai passées au rattrapage en janvier 2017 et les ai obtenues.

J’ai adoré mon 2e stage en hospitalisation urologie à la Pitié. Nous étions 6 étudiantes en 1e année encadrées par une super équipe pluridisciplinaire. J’ai découvert : la relation avec les patients, l’organisation, la bonne ambiance avec les collègues. J’ai énormément appris durant ce stage.

Au second semestre, on reste, pour les cours à l’IFSI, sur les mêmes thématiques de prise en charge du patient mais avec un volet pratique plus important. En revanche, on aborde de nouvelles matières à la fac : sociologie anthropologie, santé publique, santé maladie handicap et processus psychopathologiques.

En décembre, j’ai réalisé mon 3e stage en maison de retraite à Saint-Maurice dans le Val de Marne. J’ai beaucoup aimé la relation avec les patients, mais j’ai trouvé le travail en EHPAD très différent de celui à l’hôpital.

Enfin, la première année s’est achevée avec une nouvelle session de partiels que j’ai validée sans crédits (sans rattrapages).

Qu’est-ce qui change en deuxième année ?

On enchaine la 2e année directement avec le 4e stage en février. Je l’ai effectué en neurologie à la Pitié. J’ai trouvé cela un peu compliqué de démarrer sur ce stage. L’équipe soignante nous considère comme des 2e année, alors que l’on n’a pas encore eu de cours de 2e année.

Cela ne m’a pas empêchée d’adorer ce stage. J’ai une fois de plus appris énormément. J’ai eu la chance de suivre une infirmière top ! Elle m’a laissé faire beaucoup de choses, tout en répondant à mes questions.

J’ai gagné en autonomie grâce à ce stage. J’ai été plus proactive par rapport à la 1re année. Je faisais des recherches sur les pathologies en rentrant chez moi pour compléter mon travail sur le terrain. J’ai découvert que l’on était obligé de s’intéresser en profondeur à la maladie pour comprendre le patient.

Vous alternez toujours semaines de cours et 5 semaines de stage ?

Oui. Je réalise en juin/juillet mon 5e stage au service chirurgie gynécologique à la Pitié. Fin juin je passe les partiels de fac. Je serai ensuite en vacances jusqu’au 28 août puis je recommence avec un stage en psychologie que je dois trouver. Jusqu’à présent c’est l’IFSI qui nous proposait des stages.

A la fin de chaque stage, l’IFSI nous demande de rendre une analyse de situation rédigée. Il s’agit d’un cas pratique rencontré sur le terrain qui compte dans les évaluations de l’IFSI.

Quel est votre sentiment après 1 an et demi comme étudiante en soins infirmiers ?

Je dois avouer que durant le 1er semestre de la 1re année, je me suis posée beaucoup de questions.

Je n’étais pas très satisfaite de mon 1er stage. Il fallait que je trouve mes marques. Et au 2nd semestre, j’ai compris le fonctionnement de la formation, la manière dont je devais travailler et l’arrivée en stage d’hospitalisation s’est révélée une consécration.

Mais je n’ai pas eu vraiment de surprises sur la formation et le métier car j’avais échangé avec des infirmières et des étudiants infirmiers avant de passer les concours.

En revanche, je reconnais que je ne m’attendais pas à ce que cela soit aussi intense et que je sois autant impactée dans mes relations avec les patients atteints de lourdes pathologies ou en fin de vie. Cela pose énormément de questions. C’est difficile de quitter son lieu de travail et de ne pas repenser à tout ce que l’on a vécu dans la journée. Mais j’apprends. J’essaie de prendre du recul. Je comprends aujourd’hui que la prise en charge du patient est un exercice compliqué. On se soutient énormément entre étudiants. On peut aussi compter sur l’appui des formateurs. L’échange est vraiment important.

Je ne m'attendais pas à être autant impactée dans ma relation avec les patients.

Vous avez changé entre la 1re et la 2e année ?

Oui et l’on s’en aperçoit lorsque l’on voit arriver les 1re année. On perd une forme d’insouciance. J’ai mûri. Mes relations avec les patients m’ont fait grandir. Ils nous apprennent beaucoup, notamment sur la manière dont ils vivent avec leur maladie.

Où vous imaginez-vous après vos études ?

Je devrais sortir diplômée en février 2019. J’aimerais bien travailler en pédiatrie. Je faisais du bénévolat avec les Blouses roses en hospitalisation pédiatrique à Sainte-Camille à Brie-sur-Marne et je sais que le travail avec les enfants m’intéresse. Je vais essayer de valider ce choix avec un stage au cours de ma dernière année de formation.

Je voudrais voir si c’est vraiment ce que je veux faire !

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